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La sixième session du YLTP 2019 “nouvelles pratiques de gouvernance”, s’est déroulé à Kigali, Rwanda

Propre et ordonnée, pas un sac plastique qui traîne ni d’étalage mal placé, ce sont les impressions qui ont frappé les participants durant leur trajet qui les emmenaient de l’aéroport à l’hôtel dès leur arrivé à Kigali. La Capitale du Rwanda semble encore nettoyer les traces de son passé. En effet, les Rwandais d’aujourd’hui n’auraient jamais pensé survivre au génocide d’avril à juillet 1994 qui aura marqué son histoire ces vingt-cinq dernières années. Une session riche en découvertes, émotions et perceptions pour les participants qui ont découvert une ville et un pays en pleine mutation avec un peuple uni qui va de l’avant dans la réconciliation nationale.

Devenu une référence dans le continent, Rwanda prend de la place dans les grandes discussions politico-diplomatiques mondiale grâce à ces idées novatrices. Le pays semble être dans une bonne dynamique avec sa « vision 2020 » établie en 2000 qui vise à transformer Rwanda en un pays à revenu intermédiaire et sa « vision 2050 » qui vise tout simplement à assurer un niveau de vie élevé à tous les rwandais. La rencontre avec M. le Sénateur Tito Rutaremara, un des politiciens les plus connus du Rwanda a marqué la première journée. Pour lui, “Le Rwanda est écouté en Afrique parce que nous avons des idées originales qui ont changé et transformé le Rwanda du chaos vers la nation”. Il croit aux jeunes rwandais dans leur participation à la reconstruction du Pays. « La politique ne doit pas être associé à de la magouille, la politique doit respecter l’éthique ». Les participants ont ensuite visité la municipalité de Kigali. Une municipalité qui gère une ville moderne et en pleine mutation. Ce fut l’occasion pour eux de découvrir le concept de « Smart Kigali » ou ville intelligente qui consiste en l’utilisation des nouvelles technologies dans la gestion de la circulation et du transport, des déchets ; des espaces publics mais aussi dans les services publics et dans la participation citoyenne dans la gestion de la ville à travers un plate-forme en ligne où chacun peut émettre des idées, des recommandations, des plaintes, etc.

Une rétrospection de l’histoire récente du Rwanda a marqué les esprits des participants la deuxième journée. La visite du Mémorial center de Kigali. Un devoir de mémoire pour restaurer la dignité des victimes et rendre justice aux victimes. Un devoir de mémoire collectif pour éviter la négation du génocide. 250.000 morts sur les 800.000 milles recensés par l’ONU reposent dans ce mémorial. Une rencontre au NURC ou “National Unity and Reconciliation Commission” a permis de comprendre les processus de la réconciliation qui inclut la vérité, la justice et la mise en place d’un fond d’assistance aux victimes rescapés du génocide tout en respectant les valeurs et cultures du peuple rwandais. Selon, M. Ndayisaba Fidèle, Secrétaire exécutif de cette commission, « les Rwandais avaient besoin de leur culture pour y arriver. Penser aux valeurs, aux traditions et à la culture ».

Des solutions innovantes et inclusives qui répond aux besoins de la société rwandaise actuelle, mettant une place prépondérante à la bonne gouvernance et au question du genre : La participation des femmes rwandaises dans la politique est parmi les plus élevé en Afrique et dans le monde (61% des députés, 38% des sénateurs, 50% des ministres). les participants ont pu discuter avec deux institutions mis en place dans ce sens : la GMO (Gender Monitoring Office) qui a pour mission de veiller au respect des principes d’égalité de sexe, de promouvoir la responsabilité à tous les niveaux et de lutter contre la violence sexiste et les injustices connexes – Ces femmes qui ont été les principales laissé-pour-compte n’ont “rien à perdre et tout à gagner” dans la participation politique – et le MINALOC ou Ministry of Local Government qui assure la coordination de la bonne gouvernance et de la qualité dans la gestion des programmes territoriales.

Les jeunes rwandais participent activement à ce processus de transformation. Des jeunes experts : journaliste, syndicaliste, juriste, ONG internationale, et dans l’analyse du secteur informel ont aussi rencontré les participants et ont partagé leurs expériences et leur point de vue dans la gestion du pays. Moses K. Gahigi (Rwanda Today/The EastAfrican), Yvonne Musabyimana (Batwa Community Rwanda), Louis Gitinywa (Lawyers of Hope, Rwanda), Caroline Numuhire (Segal Family Foundation) and Jeannette Nyiramasengesho (Streetnet East & Southern Africa Region). Les participants eurent l’occasion de travailler durant le jour de l’umuganda avec des jeunes dans la construction d’un « kitchen garden » pour aider une famille démunie. Un jour par mois où chaque rwandais doit participer au travail communautaire afin de servir la collectivité.

Le Rwanda a aussi sa part dans le folklore. Un aperçu de la culture musicale rwandaise qui mélange rythmes et danses a clôturé ce voyage au terme duquel les participants auront acquis de nouvelles perceptions qu’ils pourront appliquer dans l’exercice de leurs fonctions au niveau professionnel et communautaire.

Au retour, grâce au fruit du hasard, une rencontre avec l’Amiral Hippolyte Ramaroson a pu être organisé entre deux vol durant l’attente au cafétéria de l’aéroport Jomo Kenyatta de Nairobi. Un échange riche en partages sur ces expériences politiques, sur sa perception de la situation actuelle à Madagascar mais aussi quelques conseils aux participants ont ponctué cette rencontre inattendue.