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Le modèle de table-ronde initié par les syndicats a ouvert la possibilité d’une culture de dialogue social et politique pour la valorisation des ressources humaines et une meilleure justice sociale à Madagascar. Des partis politiques et candidats aux législatives ont été à l’écoute, et d’éminents experts (du BIT, du CSFOP, de l’IEM, du Conseil d’Etat, de l’Université) et des responsables gouvernementaux (Ministère du travail, de l’emploi, de la fonction publique et des lois sociales, Ministère de l’économie et des finances), ainsi que des représentants des OSC et du secteur privé ont contribué à rendre les débats encore plus concrets et fructueux.

Selon Mme Rabemandranto Veromanitra, représentant Madame le Ministre chargé de la Fonction publique, le traitement égalitaire et standardisé des agents de service public serait possible en termes de rémunérations et de sécurité d’emploi, avec la pleine réalisation du processus de réforme administrative comme l’informatisation et la mutualisation des données par AUGURE et la gestion prévisionnelle des emplois et compétences (GPEC). Déjà, dans l’urgence et à court terme, M. Clément Jaona, Magistrat près le Conseil d’Etat, recommande à tous les syndicats d’informer et de former les travailleurs sur les procédures d’intégration.

D’autre part, des risques sociaux, comme la maternité, les maladies, les accidents, et la vieillesse sont encore à couvrir pour la grande majorité des travailleurs qui évoluent dans l’économie informelle et qui constituent, selon les données fournies par le Dr Ramiliarison Andriampeno, économiste, 80% des emplois et 50% de la PIB. M. Nirina Rakotomanantsoa, Cordonnateur de l’IEM est d’avis que l’atteinte d’une croissance à 8,4% permettrait la couverture sociale demandée. Cependant, les analystes économiques montrent qu’il est possible de stimuler la croissance économique jusqu’au double (8-10%) de sa valeur actuelle (4-5%) en la réinvestissant dans les ressources humaines (meilleurs salaires et sécurité sociale), et aussi dans certains secteurs productifs clés, mais pas seulement dans les infrastructures.

Le dialogue des syndicats avec le Parlement devra continuer pour faire entendre la voix des travailleurs, telle que décrite dans le Vina sendikaly, dans les processus de légifération et de contrôle de l’application de ces lois. En outre, le Conseil Economique, Social et Culturel (CESC) institué par la Constitution (art.105) permettrait la participation citoyenne dans la valorisation des ressources humaines à Madagascar. La nation entière en tirerait profit.