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La promotion de la démocratie sous sa forme de la social-démocratie est la priorité de l’engagement de la FES à Madagascar comme dans le monde entier.
Liberté, Justice Sociale, Solidarité: C’est quoi exactement, la social-démocratie?

 

 

QU’EST-CE QUE LA DEMOCRATIE SOCIALE ?

« Démocratie sociale – n’est-ce pas là un concept évident, qu’on n’a même plus besoin d’expliquer ? Un concept qui contient la promesse qu’une démocratie se caractérise toujours par le fait qu’elle soit équitablement à la disposition de tous dans une société, utile en garantissant l’équilibre social ? N’est-ce pas évident, automatique ? » disent certains.

« Démocratie sociale – mais nous avons déjà ça en Allemagne, dans l’économie de marché social, sur un modèle adapté à l’Allemagne, n’est-ce pas ? » se demandent d’autres.

« Démocratie sociale – mais c’est l’affaire du SPD et ça ne concerne donc que les sociaux-démocrates, femmes ou hommes , puisque c’est leur théorie », pensent de tierces personnes.

« Démocratie sociale, et pourquoi pas le socialisme démocratique ? Mais ce n’est rien d’autre que cet ancien concept ! », pensent d’autres encore.

Au moins à ce point–là de la discussion, il y a bien des confusions en matière de terminologie : Qui donc a raison ? Et encore une fois, on brode autour de la tour de Babel – c’est contraignant, et cela ne contribue pas trop à nous faire avancer.

Il faut donc d’abord se mettre d’accord sur un langage commun que tous pourront utiliser, pour comprendre et expliquer les divers points de vue. Pour pouvoir discuter de la direction à prendre, il faut d’abord connaître le point de vue que l’on partage en commun.

En ce qui concerne les quatre questions autour de la définition de la Démocratie sociale, elles montrent bien que tous ces quatre aspects représentent un point important pour la discussion de ce thème. Les uns parlent de ses fondements et de ses conditions, de ce qu’on espère de la démocratie sociale ou de ce que l’on est en droit d’en attendre.

Les autres se préoccupent surtout d’évaluer l’envergure de ce qui est déjà appliqué : il s’agit donc, pour eux, d’évaluer les acquis empiriques témoignant de la présence effective de la Démocratie sociale sur le terrain.

Des tierces personnes, elles, se demandent qui peuvent bien être les tenants de la représentation sociale d’une Démocratie sociale. Voilà effectivement une question plus que pertinente.

La quatrième partie s’interroge sur l’intérêt de se démarquer d’une conception qui est déjà un concept établi. La question concerne ainsi le noyau même de la Démocratie sociale : sa nature et ce qui la différencie d’autres concepts.

Celui qui veut donc parler de Démocratie sociale doit d’abord faire comprendre ce qu’il entend vraiment par cette notion, et définir d’abord à qui il veut en parler. La Démocratie sociale n’est pas un concept sans équivoque : c’est un concept mouvant, et on lui attribue des représentations de valeurs bien diverses. C’est un concept tout imprégné de symboles sociaux, parce qu’il agit sur la société et qu’il est parfois adopté, parfois rejeté par différents groupes d’intérêt.

Ces quatre questions expriment bien à quel point le concept doit être parfaitement expliqué, avant qu’on ne l’emploie, et dans quelle mesure on doit connaître les objectifs sociaux qu’on y rattache.

Le concept de « Démocratie sociale » est compris de manière très diverse dans les discussions théoriques – il n’y a pas de définition commune ou ferme.

Mais que se passe-t-il donc lorsqu’il y a plusieurs définitions ? Lorsqu’il s’agit d’une discussion scientifique, on compare les bases des concepts et leurs explications, on vérifie quels arguments sont avancés pour chaque définition du concept, et on évalue les résultats empiriques. On vérifie si les définitions ne contiennent pas de contradiction interne, s’il n’y a pas de données empiriques contradictoires, et si les sources ont été correctement interprétées.

Toutes ces questions sont effectivement importantes, du point de vue scientifique. Mais des personnes qui n’ont pas reçu de formation scientifique préalable, et qui s’engagent, au sein de la société, (pendant leur temps libre) dans le domaine politique, n’ont généralement pas le temps de s’attaquer de manière aussi intensive aux approches théoriques. Comment faut-il alors procéder, sans perdre totalement de vue l’effort d’établir une définition scientifique ?

Nous allons aborder ici différentes approches. Chacune et chacun peut alors décider, laquelle est pour elle ou pour lui personnellement, la plus pertinente. Les questions posées initialement ont donné les points d’ancrage suivants : l’un, plutôt normatif, pose la question des fondements et des valeurs fondamentales de la Démocratie sociale ; l’autre, théorique, se préoccupe de la Théorie de la Démocratie sociale, tandis qu’un autre, encore, le point de vue empirique, analyse plus précisément l’application de la Démocratie sociale dans différents pays.

Nous approfondirons ces trois aspects dans les différents chapitres qui suivent.

Le niveau normatif se réflètera surtout dans les deux chapitres suivants (chapitres 2 et 3) : il s’agit d’éclairer encore plus les valeurs fondamentales de liberté, justice et solidarité, et de rechercher la manière dont différents modèles de société (Libéralisme, Conservatisme, Socialisme / Démocratie sociale) voient leur application.

Le plan théorique sera ensuite présenté globalement dans le chapitre 4, à travers la Théorie de la Démocratie sociale de Thomas Meyer. Nous avons opté pour cette Théorie de Thomas Meyer, parce qu’elle présente l’avantage d’argumenter dans un système inclusif et autonome. De plus, elle intègre différents plans dans sa représentation.

Le chapitre 5, qui aborde le plan empirique par la présentation de modèles de pays, s’oriente également sur la Théorie de Thomas Meyer. Comme dans son ouvrage intitulé Pratique de la Démocratie sociale, on montre à travers l’exemple de différents pays que l’instrumentalisation de cette démocratie peut être très variée, et que les résultats obtenus sont également aussi différenciés que possible.

 

VALEURS FONDAMENTALES

« Liberté ! Egalité ! Fraternité ! » Ce fut le cri de bataille de la Révolution française. Et jusqu’à aujourd’hui, les partis démocratiques continuent à se référer à ces valeurs fondamentales. La formulation de ces valeurs a commencé à l’époque de la bourgeoisie ; sa tournée triomphale autour du monde a commencé, au plus tard, vers le milieu du 20ème siècle : elles sont devenues des références, représentant des symboles du « sens commun » pour les Etats et les sociétés.

Ces valeurs se reflètent également dans les fondements juridiques des Nations Unies. Grâce aux deux traités des Nations Unies, en 1966, relatifs aux droits de l’homme, les droits fondamentaux du citoyen, les droits politiques, économiques, sociaux et culturels jouissent désormais de la plus large reconnaissance, parce qu’ils ont été ratifiés par la grande majorité des pays dans le monde. Ils constituent pratiquement une base juridique à l’échelle globale. Les droits fondamentaux existent pour assurer que les valeurs fondamentales sont effectivement converties en réalité juridique, sur le plan formel.

Mais il faut en même temps constater que ces valeurs fondamentales érigées en commun ne sont pas appliquées de la même manière dans plusieurs pays, et qu’il arrive que les droits de l’homme fassent l’objet d’une violation flagrante, même dans les Etats signataires.

Force est de douter, dans plusieurs cas, que les droits fondamentaux soient vraiment appliqués dans la réalité, et que les valeurs fondamentales soient effectivement respectées dans les sociétés. Mais il s’agit alors, non pas d’un problème relatif à la théorie, mais plutôt d’une question de gestion des problèmes sociaux ; c’est aussi une question de rapports de force entre les acteurs de la vie sociale, au niveau de chacun des pays et régions concernés.

Cependant, les valeurs fondamentales, ainsi que leur transformation en droits fondamentaux, constituent une pierre d’achoppement et une valeur sûre, lorsqu’il s’agit de définir une direction politique. C’est pour cela qu’elles se situent à l’origine de toute détermination d’une orientation politique.

Les valeurs fondamentales et l’orientation générale de la politique ont fait l’objet d’un débat particulièrement animé, en 2007 : Les deux grands partis populaires, le SPD (socialiste) et la CDU (chrétien démocrate) ont élaboré de nouveaux programmes de partis ; qui devraient, entre autres, décrire, de quelle manière les valeurs politiques fondamentales pourraient être définies et réalisées dans la période actuelle.

La Démocratie sociale s’oriente également, sur le plan normatif, à partir des valeurs fondamentales et des droits fondamentaux. Ces derniers constituent, de par ce caractère normatif, justement – ainsi que par la question de savoir s’ils sont vraiment réalisables- le centre et l’angle de rotation d’une boussole politique. Les valeurs fondamentales ont subi des variations au cours de leur histoire : depuis le siècle des Lumières, c.-à-d., le 18ème siècle, il s’agissait non seulement de questions de définition, mais aussi de changements dans les rapports entre les concepts eux-mêmes.

De nos jours, nous pouvons nous baser sur les trois valeurs fondamentales de Liberté, Justice / Egalité et Solidarité.

 

Trouvez plus d’informations sur la social-démocratie ici:
Fondements de la démocratie sociale
Etat social et démocratie sociale