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La collaboration répond aux défis du Journalisme au 21ème siècle.

C’est quand l’investigation se réalise en équipe composée de journalistes issus de différents organes de presse, de différentes régions, de différents pays. La mutualisation des ressources fait gagner en temps et en qualité de l’information. La publication du même contenu et au même moment, à l’échelle nationale et mondiale attire une attention maximale, avec de profonds impacts, engendrant des décisions mondiales de changements structurels dans le sens du bien commun. L’éthique, le droit à l’information et la liberté de presse constituent ainsi les fibres communes qui sous-tendent la collaboration malgré des différences dans la ligne éditoriale. L’organisation, la confiance mutuelle et un fact checking rigoureux en sont des conditions de réussite. Avec cette deuxième session de la Formation des Jeunes Journalistes organisée par la Friedrich-Ebert-Stiftung à Antananarivo du 12 au 14 août 2019, les participants maintiennent le défi de gagner par la collaboration.

Une réponse journalistique à la globalisation grâce au journalisme collaboratif, il devient plus accessible d’investiguer tout au long d’une chaîne de valeurs multinationale. Lors de la conférence du 13 août 2019 organisée au Sunny Garden Hotel Ankorondrano par la Friedrich-Ebert-Stiftung en partenariat avec la Global investigative Journalism Network, Leila Miñano, de Investigate Europe, a justement parlé du cas du trafic de cigarettes depuis les « San Andrestino » de la Colombie jusque dans les pays de l’Europe, ce qui a été dévoilé dans les années 2000 par l’International Consortium of Investigative Journalists (ICIJ) sur la base de l’analyse de milliers de documents financiers.

Les Panama papers, les Paradise papers, les Foot leaks, les Syria files,… ont été tout aussi gigantesques, comptant des millions de documents et ayant nécessité la mobilisation de quelques centaines de journalistes d’une cinquante de pays et plus. Différents réseaux se sont mis en place face à la complexité des différentes enquêtes : DISCLOSE en France, BLACK SEAS dans les pays de l’Europe de l’Est, OCCRP pour la lutte contre le crime et la corruption organisés. Un réseautage pour le relais et la protection Le DAPHNE project a été mis en place en 2017 par 45 journalistes issus de 18 organes de presse du monde entier suite à l’assassinat de la journaliste maltaise Daphne Caruana Galizia, afin de continuer l’investigation menée par celle-ci concernant le trafic de passeports en île de Malte permettant d’immigrer en Europe : « ils ont tué la journaliste, pas ses enquêtes » est la réflexion du mouvement « Forbidden stories ». Deux ans après, l’affaire continue à faire la Une des actualités internationales avec la récente constitution d’une commission d’enquête sur la mort de la journaliste. Le Daphne project continue à appuyer les journalistes en détresse en sécurisant la conservation des documents et des données ou en proposant un relais pour l’accomplissement des enquêtes.