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En collaboration avec le Cercle de Réflexion des Economistes de Madagascar (CREM) et l’Université d’Antananarivo, une série de conférences économiques sur « Les stratégies possibles pour le financement du développement et des besoins socio-économiques de la nation. » a eu lieu les 24 et 25 octobre au Grand Amphithéâtre EGS de l’Université d’Antananarivo. L’émergence de Madagascar, la politique nationale que tente de mettre en place les dirigeants actuels nécessite la mobilisation de fonds considérables ne serait-ce que pour les investissements des projets de grande envergure qui sont déjà en cours actuellement.

L’Industrialisation et l’amélioration des infrastructures repondant aux besoins d’exportation, un impératif pour le développement.

Durant la première conférence-débat, SEM Lim Sang-Woo, Ambassadeur de la République de Corée, a partagé les expériences de la Corée du Sud durant les 50 dernières années. Sa stratégie tournée vers l’industrialisation basée sur la valorisation des ressources humaines a permis de hisser le pays au rang de 10ème puissance mondiale. Dans ses partages , il a également insisté sur l’amélioration des infrastructures routières , l’agrandissement de ports , et l’amélioration de la qualité des services portuaires permettent d’attirer les investisseurs. Messieurs Dr Hery Ramiarison et Dr Olivaniaina Rakoto David, enseignants d’université, membres du CREM ont mis l’accent sur les enjeux des financements du développement dans un pays en voie de développement tout en proposant des systèmes de financement innovants comme les Assurances, les fonds souverains, le carbon market, etc.

Pour un développement durable, l’éducation doit faire parti des premières reformes

La deuxième journée a vu l’intervention du Dr Joseph Nkurunziza, professeur et vice-doyen à l’Université de Rwanda qui a parlé des expériences du Rwanda sur ses stratégies de financement du développement. Afin que tous les projets de développement aient une assise et se concrétise durablement , le gouvernement rwandais priorise la participation de tous les rwandais dans le processus de développement du pays. « Le Rwanda n’exclut personne pour son développement. Le Rwanda est composé de cinq provinces et d’une sixième province qu’est la diaspora » a-t-il expliqué. Après les événements tragiques de 1994, et malgré la réticence des bailleurs à financer la construction d’université dans la capitale rwandaise, le gouvernement a usé de ces ressources pour construire ce projet afin que les besoins en capital intellectuel soient compensés. Pour lutter contre « le fuite de cerveau », le gouvernement a amélioré la qualité d’enseignement en rivalisant les grands universités occidentaux. Actuellement , les postes de décisions sont attribués aux mêmes sortants des universités rwandais. L’éducation à la planification familiale a permis au Rwanda de descendre en moyenne de 6 enfants par famille dans les années 90 à 3 enfants par famille, améliorant ainsi la qualité de vie des ménages . Tous ces exemples parfois ambitieux ont commencé par l’information et l’éducation des citoyens pour qu’il y ait appropriation.

Le Dr. Aina Razafiarison, enseignant-chercheur, a quant à lui mis l’accent sur l’importance des institutions et le Professeur Mamy Ravelomanana, président de l’Université d’Antananarivo, pour sa part mis l’accent sur l’importance de l’industrialisation. « L’industrialisation entraîne consommation de masse et production de masse, il n’y a pas de croissance et pas de développement sans industrialisation ».

La voix des organisations de la société civile entendue

En parallèle à cette conférence, les représentants de la Société Civile ont rapporté les travaux effectués dans les régions de Madagascar en vue de formuler un document sur les besoins socio-économiques de la Nation. Les travaux ont commencé par la présentation des axes prioritaires définis dans 6 régions de Madagascar . A l’issue de ces axes , les facilitateurs ont observé des similitudes pour les grandes villes de Madagascar . Ces similitudes constituent les grands axes qui font l’objet de réflexion durant les tables rondes , les voici :

  • services sociaux de base où l’on tend à avoir des services publiques plus performants et plus accessibles
  • Développement économique, entrepreneuriat et emploi où l’environnement économique est voulu favorable, inclusif et bénéfique pour la population
  • Foncier où le règlement des litiges et conflits est géré grâce à la facilitation et une politique foncière claire
  • infrastructure, aménagement du territoire et urbanisme rime avec développement territorial harmonieux, inclusif, respectueux des valeurs et de l’environnement
  • gouvernance avec une meilleure gestion des ressources pour l’amélioration des services publiques