« L’état d’urgence sanitaire » circule dans le monde politique ainsi que dans les médias comme un fait accompli. Bien que les besoins d’agir d’une manière décisive contre la menace de la pandémie Covid-19 ne sont pas contestés, dans un Etat de droit, la déclaration d’un état d’urgence devrait respecter le principe de la proportionnalité concernant les libertés individuelles fondamentales de chaque citoyen. Les défis autour d’un état d’urgence sont divers, au niveau politique, mais aussi au niveau juridique.

Le jeudi 21 mai 2021 a eu lieu la conférence-débat « Quel Etat d’urgence sanitaire pour Madagascar ? Respect de l’Etat de droit et protection des libertés publiques dans le cadre d’une situation d’exception ». Elle a été organisée par l’Association Nationale pour la Justice Administrative (ANJA) avec l’appui de la Friedrich-Ebert-Stiftung à Madagascar, du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) ainsi que du Fonds des Nations Unies pour la Consolidation de la Paix.

Selon l’association ANJA, présidée à ce jour par Madame Antonia Rakotoarivelo, magistrat auprès du Conseil d’Etat « on remarque une absence totale de tout débat de fond sur le fondement juridique des mesures mises en œuvre et sur le cadre légal des dispositions adoptées par le pouvoir exécutif pour tenter de l’endiguer ». C’est dans ce cadre justement que s’inscrit cette conférence débat dont l’objectif principal est de mener des réflexions sur les conditions du respect de l’Etat de droit et, particulièrement, de la préservation des libertés publiques dans le contexte d’état d’urgence sanitaire.

Les contributions étaient extrêmement riches en arguments. Nous avons eu le privilège d’avoir parmi nos intervenants des juristes, des universitaires, des représentants de l’Administration et des membres du Conseil d’Etat, en l’occurrence M. Imbiki Herilaza, vice-président du Sénat ; Mme Mialisoa Razanarivony, Directeur des Affaires Juridiques au ministère de la Défense Nationale ; M. Rajaona Andrianaivo Ravelona, Juriste et consultant international ; Mme Chantal Ramanankasina, Enseignant-Chercheur à la Faculté de Droit et des Sciences politiques de l’Université d’Antananarivo ; M. Misa Razafindrakoto, Commissaire de la Loi auprès du Conseil d’Etat ainsi que de M. Tahiry Rakotomalala, Conseiller d’Etat à la Chambre des Rapports, des Études et des Contentieux Spécifiques.