Malgré les nombreuses tentatives d’industrialisation initiées depuis l’indépendance, le constat reste le même, l’industrie locale peine à se développer. D’après le dernier rapport sur le poids du secteur secondaire et des entreprises industrielles membres du SIM dans l’économie (PWC, 2020), l’industrie ne génère que 15% du PIB en 2019. Une émission débat a été réalisée pour discuter ensemble des enjeux de la consommation locale afin d’apporter des éclaircissements sur la situation actuelle et quelques pistes d’amélioration

Promouvoir les industries locales pour relancer la croissance et le développement

Les industries locales, créatrices de valeur ajoutée, sont pourtant les moteurs de la croissance, de l’indépendance économique et du développement. De même, elles contribuent de manière importante à la création d’emplois stables et décents comparés aux autres secteurs de l’économie. Pour la période 2018-2019 par exemple, 5 576 emplois ont été créés par le secteur secondaire soit 16% du total des emplois formels créés dans l’économie nationale. Selon Rakoto-David Olivaniaina, PCA du CREM, “nous devons promouvoir notre industrie locale pour qu’il y ait un impact sur la vie de la majorité des malagasy”.

L’État s’est engagé dans un processus d’industrialisation du pays à travers ses politiques et stratégies, notamment, la Politique Industrielle de Madagascar en 2014, la loi sur le développement industriel de Madagascar (LDIM) en 2018 ; les Velirano de l’IEM ainsi que la PGE de 2019. D’après Njivatiana Rakotoarivonona, Directeur de l’Emergence Industrielle au niveau du MICA, des stratégies de promotion de l’entreprenariat sont déjà mis en œuvre au niveau national, entre autres par la promotion de l’ODOF (“one district, one factory”), la mise en place de parcs industriels, et le contrôle des produits vendu sur le marché.

Une concurrence déloyale des produits importés

Malheureusement, la production locale fait face à une concurrence de plus en plus rude des produits importés. D’après Gabriel Harison, entrepreneur, membre du FIVMPAMA, le milieu entrepreneurial local fait face à beaucoup de contraintes (sécurité, Energie, qualification des travailleurs, accès au financement, etc.), ce qui l’empêche de rivaliser sur les prix. La diminution de la demande intérieure qui se tourne de plus en plus vers les produits d’importation contraint pourtant les entreprises locales à réduire leur production, limiter leurs effectifs et freiner leurs développements. Selon toujours Rakoto-David Olivaniaina, du CREM, “notre dépendance vis-à-vis des produits d’importation tant en produits de consommation qu’en intrants industriels, ne fait qu’accroître notre pauvreté”.La nécessité de relancer les industries par le soutien de la demande Même si les consommateurs veulent privilégier les produits d’origine malagasy, ils sont limités par leurs moyens financiers et ne peuvent se rabattre que sur les produits les moins chers sans se soucier de la provenance et de la qualité des produits qu’ils achètent d’après les propos de Tiana Rabarison, président du FIMZOMPAM. Ce constat est renforcé par Remi Botoudi, coordonnateur de la CTM, qui affirme que le salaire des 60% des travailleurs tourne encore autour du salaire minimal de base.