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Nous recrutons un(e) Assistant(e) de Rédaction pour le magazine Politikà

Le magazine Politikà recherche son Assistant(e) de Rédaction. Si vous souhaitez vous joindre à une équipe dynamique, alors postuler dès maintenant; nous souhaitons vous compter parmi nous. 

 

Mission principale :

Assurer la qualité des articles et la mise en forme du magazine Politikà, en étroite collaboration avec le rédacteur en chef et les responsables de la Fondation Friedrich Ebert.

 

Activités et tâches :

Assurer un contrôle qualité des articles :

  • Corriger les fautes d’orthographe, de syntaxe ou de grammaire,
  • Veiller à la clarté des propos et à la cohérence (détecter les imprécisions et incohérences, proposer des reformulations si besoin),
  • Vérifier la concordance des renvois avec les notes de bas de page ainsi que des légendes des illustrations, photos ou tableaux,
  • Vérifier les nombres, abréviations et sigles,
  • Vérifier la mise en page : alignements, coupure des mots, sommaire et pagination,
  • S’assurer que les polices et tailles de caractères (majuscules, minuscules, italique) et les ponctuations (apostrophes, guillemets, tirets) sont adéquates,
  • Relecture et validation finale avant envoi du magazine pour impression.

 

Conditions de travail :

Consultant dont la disponibilité est exigée selon le calendrier de livraison des articles

 

Compétences :

  • Maîtrise parfaite de la langue française : orthographe, grammaire, syntaxe,
  • Sens de la lecture très pointilleux des fautes,
  • Excellentes compétences rédactionnelles,
  • Bonne culture générale et connaissance des lexiques dans les domaines économie, politique et journalisme,
  • Parfaite maîtrise des logiciels Office,
  • Rapidité dans le traitement des articles.

 

Expérience professionnelle :

  • Un minimum de trois (3) années d’expériences dans un travail similaire serait très souhaitable,
  • Des expériences professionnelles dans la rédaction d’article de presse seraient un atout.

 

Formations/ Diplômes :

Formation professionnelle en journalisme et/ou diplômés en communication et en lettres

 

Qualités personnelles :

Consciencieux(se), Organisé(e), Flexible

 

Les candidat(s) intéressé(e)s sont demandés de bien vouloir envoyer leurs dossiers de candidatures (un CV, une lettre de motivation et un extrait d’un article que vous avez déjà rédigé) à l’adresse info[at]fes.mg, en mettant en objet « Rédaction Politikà 2020 ». DATE LIMITE : VENDREDI 04 SEPTEMBRE 2020.

Nous recherchons un Community Manager !

La Friedrich-Ebert-Stiftung à Madagascar recherche un Community Manager. Etes-vous un passionné des nouveaux médias et des réseaux sociaux ? Rejoignez-nous !

 

Poste basé à Antananarivo, Madagascar

 

Missions :

  • Participation à l’élaboration de la stratégie de communication de la Fondation en concertation avec la Direction et la Responsable Communication,
  • Modération et animation de la communauté/des abonnés de la Fondation, notamment les sortants de nos programmes de formation,
  • Assurer la visibilité de la Fondation dans les réseaux sociaux, création de contenu éditorial (textes, vidéos, infographies, visuels, questions/réponses, etc…),
  • Veille de la e-réputation : assurer une veille sur le web, être à l’écoute des échos, etc.
  • Veille technologique : suivre les développements des nouveaux outils ou médias,
  • Optimisation du référencement naturel (SEO),
  • Accompagnement au développement technique et fonctionnel des plateformes propres à la Fondation.

 

Compétences et qualités 

  • Excellentes compétences en communication,
  • Parfaite maîtrise des nouveaux médias et des réseaux sociaux, excellente maîtrise du web (langage, jargons, référencement, etc.),
  • Bonne expression orale des langues française et malagasy,
  • Bonne expression écrite et orthographie irréprochable des langues française et malagasy,
  • Excellente compétence en informatique, bonne connaissance en graphisme & design,
  • Bonne capacité d’analyse,
  • Curiosité intellectuelle, créativité, esprit d’équipe.

 

Type de contrat : CDD

 

Si ce profil vous correspond, envoyez-nous votre dossier de candidature (CV Vidéo en français de 60 sec maximum, lettre de motivation et trois (3) références professionnelles) à l’adresse : info[at]fes.mg au plus tard le LUNDI 31 AOUT 2020. 

Misaotra betsaka, Rave!

Notre cher collègue Jean-Aimé Raveloson a annoncé sa retraite

Quelle belle soirée le 26 novembre en présence de la famille, des partenaires et des amis de la Fondation Friedrich Ebert – avec une surprise musicale pour l’invité d’honneur. En reconnaissance et dans la plus haute estime pour les années d’excellent travail et d’engagement pour la Fondation Friedrich Ebert à MAdagascar; avec l’expression de notre profonde gratitude pour une collaboration unique, exceptionnelle et prodigieuse au service de la démocratie et de la justice sociale; en mémoire de notre plus profonde affection.

Remarques de Constantin Grund, Représentant Résident:

C’est l’occasion aujourd’hui, pour nous tous ici présents, de partager ce moment d’émotion, mais aussi de pouvoir rendre hommage à M Jean-Aimé Raveloson, dit Rave, pour la carrière qu’il a menée dans notre organisation, la Fondation Friedrich Ebert. C’est un honneur pour moi d’évoquer le parcours de Rave qui a non seulement contribué au développement et à la réussite de la FES, mais qui a su, par son état d’esprit, fédérer des collègues, par fois en tant que père, grand frère, ami et conseil. La fidélité, la loyauté, le dévouement, sont des valeurs inestimables au sein de la Fondation Friedrich Ebert. Rave personnifie ces valeurs par excellence. Je souhaite que l’empreinte qu’il laisse à son départ ne s’efface pas et que ce qu’il a pu enseigner par son exemple reste bien ancré dans nos esprits. Rave a su intelligemment conjuguer ces nobles qualités et je lui en suis profondément reconnaissant.

L’ambition première de Rave a été de privilégier la bonne entente parmi nous et de penser à l’intérêt de tous. Ce n’est pas toujours aisé de concilier sa propre réussite avec les intérêts communs, mais la démonstration nous a été faite que cela est chose possible. Rave nous a donné l’espoir et il nous a montré que quelque fois, le rêves sont aussi réalisables. Tout au long de ces années passées parmi nous, cher Rave, tu as connu bien des changements, qu’il s’agisse de direction, de politique, de méthodes de travail, tu as su prouver tes facultés d’adaptation ainsi qu’une attitude positive à l’égard des nouveautés. Le travail que tu as accompli compte parmi les richesses de la Fondation, car chaque pierre posée à l’édifice participe à sa réalisation.

De nos jours, la retraite est prometteuse de grandes satisfactions. Il est temps pour toi de profiter à plein temps des plaisirs de la vie et bien que tu as démontré que ton travail en faisait partie intégrante, je pense que tu n’as aucune peine à transposer tes qualités à d’autres activités dédiées à tout autre centre d’intérêt qui t’est cher. Si nous sommes heureux de pouvoir aujourd’hui te rendre cet hommage, nous avons bien sûr le regret de « perdre » un homme d’énorme valeur. C’est pour la bonne cause, me direz-vous et vous avez raison, cela nous console et nous espérons que cette seconde vie qui s’offre à toi va te réserver bien des joies et des plaisirs.

Donc, comment on pourra dire au-revoir à quelqu’un qui a tellement impacté à l’organisation pour laquelle il a travaillé ? Ce n’est certainement pas avec les indemnités, c’est certainement pas avec un seul certificat. Peut-être avec un cadeau spécial, peut-être avec quelque chose qui lui tient vraiment à cœur. Mesdames et Messieurs, l’année 2019 reste dans les mémoires ici à Madagascar en tant qu’année ou la Nation a du rendu hommage aux fils qu’il a perdu. Des fils qui ont touché la cœur et l’émotion de nos consœurs et confrères depuis des années, qui nous ont rappelé ce qui est important dans la vie. Ces personnalités sont rares, rare comme Raveloson Jean-Aimé. Les fils perdus sont ce soir représentés par deux protagonistes qui voudraient se joindre à nous pour honorer le travail et les qualités de notre cher collègue Jean-Aimé Raveloson.

Rave, quelqu’un veut te dire quelque chose :

 

 

 

Joignez-vous à notre équipe

La Friedrich-Ebert-Stiftung (FES) est la plus ancienne fondation politique d’Allemagne. En tant que fondation politique proche d’un parti social-démocrate, la FES appuie son action à Madagascar sur les valeurs fondamentales de la social-démocratie que sont la liberté, la justice et la solidarité. Organisation à but non lucratif, la FES travaille de manière autonome et indépendante en partenariat étroit avec les institutions, les partis politiques et les acteurs progressistes de la société civile. Afin de soutenir ses efforts à Madagascar, la FES cherche un(e) Responsable de Communication. Nous offrons des expériences professionnelles dans un Think-Tank politique renommé au sein d’une équipe dynamique.

 

Responsabilités :

  • Établir un concept stratégique de communication
  • Gestion des plateformes et canaux de communication en-ligne (site web, réseaux sociaux)
  • Rédaction de textes pour le site web, la page Facebook et le Newsletter en coopération avec les collègues responsables
  • Edition de photos, création de Designs/Layouts/Stylesheets
  • Gestion du compte mail principal de la FES et traitement des mails
  • Gestion du téléphone d’accueil et traitement des appels
  • Accueil des visiteurs du bureau

 

Votre profil :

  • Au moins deux années d’expérience professionnelle dans le domaine de la Communication
  • Ayant le sens de communication adapté à des groupes cibles variés
  • Excellentes compétences informatiques, parfaite maîtrise des logiciels Microsoft Office et Adobe Photoshop ainsi que des plateformes Mailchimp, Facebook et Instagram.
  • Sens de créativité, compétences dans la mise en place de designs
  • Formation/Etudes en Communication, Webdesign ou semblable
  • Ayant le sens du contact et l’esprit d’équipe
  • Connaissance du paysage et de l’actualité politique (institutions, personnalités)
  • Parfaite maîtrise des langues française et malgache. Un bon niveau d’anglais ou d’allemand serait un atout.

Les candidatures, comprenant une lettre de motivation et un CV (avec photo), sont à envoyer exclusivement via le formulaire suivant:

 

Aïe ! Nous n’avons pas retrouvé votre formulaire.

La démocratie sociale, c’est quoi exactement?

La promotion de la démocratie sous sa forme de la social-démocratie est la priorité de l’engagement de la FES à Madagascar comme dans le monde entier.
Liberté, Justice Sociale, Solidarité: C’est quoi exactement, la social-démocratie?

 

 

QU’EST-CE QUE LA DEMOCRATIE SOCIALE ?

« Démocratie sociale – n’est-ce pas là un concept évident, qu’on n’a même plus besoin d’expliquer ? Un concept qui contient la promesse qu’une démocratie se caractérise toujours par le fait qu’elle soit équitablement à la disposition de tous dans une société, utile en garantissant l’équilibre social ? N’est-ce pas évident, automatique ? » disent certains.

« Démocratie sociale – mais nous avons déjà ça en Allemagne, dans l’économie de marché social, sur un modèle adapté à l’Allemagne, n’est-ce pas ? » se demandent d’autres.

« Démocratie sociale – mais c’est l’affaire du SPD et ça ne concerne donc que les sociaux-démocrates, femmes ou hommes , puisque c’est leur théorie », pensent de tierces personnes.

« Démocratie sociale, et pourquoi pas le socialisme démocratique ? Mais ce n’est rien d’autre que cet ancien concept ! », pensent d’autres encore.

Au moins à ce point–là de la discussion, il y a bien des confusions en matière de terminologie : Qui donc a raison ? Et encore une fois, on brode autour de la tour de Babel – c’est contraignant, et cela ne contribue pas trop à nous faire avancer.

Il faut donc d’abord se mettre d’accord sur un langage commun que tous pourront utiliser, pour comprendre et expliquer les divers points de vue. Pour pouvoir discuter de la direction à prendre, il faut d’abord connaître le point de vue que l’on partage en commun.

En ce qui concerne les quatre questions autour de la définition de la Démocratie sociale, elles montrent bien que tous ces quatre aspects représentent un point important pour la discussion de ce thème. Les uns parlent de ses fondements et de ses conditions, de ce qu’on espère de la démocratie sociale ou de ce que l’on est en droit d’en attendre.

Les autres se préoccupent surtout d’évaluer l’envergure de ce qui est déjà appliqué : il s’agit donc, pour eux, d’évaluer les acquis empiriques témoignant de la présence effective de la Démocratie sociale sur le terrain.

Des tierces personnes, elles, se demandent qui peuvent bien être les tenants de la représentation sociale d’une Démocratie sociale. Voilà effectivement une question plus que pertinente.

La quatrième partie s’interroge sur l’intérêt de se démarquer d’une conception qui est déjà un concept établi. La question concerne ainsi le noyau même de la Démocratie sociale : sa nature et ce qui la différencie d’autres concepts.

Celui qui veut donc parler de Démocratie sociale doit d’abord faire comprendre ce qu’il entend vraiment par cette notion, et définir d’abord à qui il veut en parler. La Démocratie sociale n’est pas un concept sans équivoque : c’est un concept mouvant, et on lui attribue des représentations de valeurs bien diverses. C’est un concept tout imprégné de symboles sociaux, parce qu’il agit sur la société et qu’il est parfois adopté, parfois rejeté par différents groupes d’intérêt.

Ces quatre questions expriment bien à quel point le concept doit être parfaitement expliqué, avant qu’on ne l’emploie, et dans quelle mesure on doit connaître les objectifs sociaux qu’on y rattache.

Le concept de « Démocratie sociale » est compris de manière très diverse dans les discussions théoriques – il n’y a pas de définition commune ou ferme.

Mais que se passe-t-il donc lorsqu’il y a plusieurs définitions ? Lorsqu’il s’agit d’une discussion scientifique, on compare les bases des concepts et leurs explications, on vérifie quels arguments sont avancés pour chaque définition du concept, et on évalue les résultats empiriques. On vérifie si les définitions ne contiennent pas de contradiction interne, s’il n’y a pas de données empiriques contradictoires, et si les sources ont été correctement interprétées.

Toutes ces questions sont effectivement importantes, du point de vue scientifique. Mais des personnes qui n’ont pas reçu de formation scientifique préalable, et qui s’engagent, au sein de la société, (pendant leur temps libre) dans le domaine politique, n’ont généralement pas le temps de s’attaquer de manière aussi intensive aux approches théoriques. Comment faut-il alors procéder, sans perdre totalement de vue l’effort d’établir une définition scientifique ?

Nous allons aborder ici différentes approches. Chacune et chacun peut alors décider, laquelle est pour elle ou pour lui personnellement, la plus pertinente. Les questions posées initialement ont donné les points d’ancrage suivants : l’un, plutôt normatif, pose la question des fondements et des valeurs fondamentales de la Démocratie sociale ; l’autre, théorique, se préoccupe de la Théorie de la Démocratie sociale, tandis qu’un autre, encore, le point de vue empirique, analyse plus précisément l’application de la Démocratie sociale dans différents pays.

Nous approfondirons ces trois aspects dans les différents chapitres qui suivent.

Le niveau normatif se réflètera surtout dans les deux chapitres suivants (chapitres 2 et 3) : il s’agit d’éclairer encore plus les valeurs fondamentales de liberté, justice et solidarité, et de rechercher la manière dont différents modèles de société (Libéralisme, Conservatisme, Socialisme / Démocratie sociale) voient leur application.

Le plan théorique sera ensuite présenté globalement dans le chapitre 4, à travers la Théorie de la Démocratie sociale de Thomas Meyer. Nous avons opté pour cette Théorie de Thomas Meyer, parce qu’elle présente l’avantage d’argumenter dans un système inclusif et autonome. De plus, elle intègre différents plans dans sa représentation.

Le chapitre 5, qui aborde le plan empirique par la présentation de modèles de pays, s’oriente également sur la Théorie de Thomas Meyer. Comme dans son ouvrage intitulé Pratique de la Démocratie sociale, on montre à travers l’exemple de différents pays que l’instrumentalisation de cette démocratie peut être très variée, et que les résultats obtenus sont également aussi différenciés que possible.

 

VALEURS FONDAMENTALES

« Liberté ! Egalité ! Fraternité ! » Ce fut le cri de bataille de la Révolution française. Et jusqu’à aujourd’hui, les partis démocratiques continuent à se référer à ces valeurs fondamentales. La formulation de ces valeurs a commencé à l’époque de la bourgeoisie ; sa tournée triomphale autour du monde a commencé, au plus tard, vers le milieu du 20ème siècle : elles sont devenues des références, représentant des symboles du « sens commun » pour les Etats et les sociétés.

Ces valeurs se reflètent également dans les fondements juridiques des Nations Unies. Grâce aux deux traités des Nations Unies, en 1966, relatifs aux droits de l’homme, les droits fondamentaux du citoyen, les droits politiques, économiques, sociaux et culturels jouissent désormais de la plus large reconnaissance, parce qu’ils ont été ratifiés par la grande majorité des pays dans le monde. Ils constituent pratiquement une base juridique à l’échelle globale. Les droits fondamentaux existent pour assurer que les valeurs fondamentales sont effectivement converties en réalité juridique, sur le plan formel.

Mais il faut en même temps constater que ces valeurs fondamentales érigées en commun ne sont pas appliquées de la même manière dans plusieurs pays, et qu’il arrive que les droits de l’homme fassent l’objet d’une violation flagrante, même dans les Etats signataires.

Force est de douter, dans plusieurs cas, que les droits fondamentaux soient vraiment appliqués dans la réalité, et que les valeurs fondamentales soient effectivement respectées dans les sociétés. Mais il s’agit alors, non pas d’un problème relatif à la théorie, mais plutôt d’une question de gestion des problèmes sociaux ; c’est aussi une question de rapports de force entre les acteurs de la vie sociale, au niveau de chacun des pays et régions concernés.

Cependant, les valeurs fondamentales, ainsi que leur transformation en droits fondamentaux, constituent une pierre d’achoppement et une valeur sûre, lorsqu’il s’agit de définir une direction politique. C’est pour cela qu’elles se situent à l’origine de toute détermination d’une orientation politique.

Les valeurs fondamentales et l’orientation générale de la politique ont fait l’objet d’un débat particulièrement animé, en 2007 : Les deux grands partis populaires, le SPD (socialiste) et la CDU (chrétien démocrate) ont élaboré de nouveaux programmes de partis ; qui devraient, entre autres, décrire, de quelle manière les valeurs politiques fondamentales pourraient être définies et réalisées dans la période actuelle.

La Démocratie sociale s’oriente également, sur le plan normatif, à partir des valeurs fondamentales et des droits fondamentaux. Ces derniers constituent, de par ce caractère normatif, justement – ainsi que par la question de savoir s’ils sont vraiment réalisables- le centre et l’angle de rotation d’une boussole politique. Les valeurs fondamentales ont subi des variations au cours de leur histoire : depuis le siècle des Lumières, c.-à-d., le 18ème siècle, il s’agissait non seulement de questions de définition, mais aussi de changements dans les rapports entre les concepts eux-mêmes.

De nos jours, nous pouvons nous baser sur les trois valeurs fondamentales de Liberté, Justice / Egalité et Solidarité.

 

Trouvez plus d’informations sur la social-démocratie ici:
Fondements de la démocratie sociale
Etat social et démocratie sociale

Friedrich Ebert – Premier homme d’État du mouvement syndical

« J’agirai en tant que représentant du peuple allemand tout entier et non en tant que président d’un parti  »

Friedrich Ebert (* 04/02/1872 – 28/02/1925), cet engagement à la neutralité politique, fait le 11 févier 1919, après son élection à la présidence du Reich, avant l’ Assemblée nationale de Weimar, a exprimé le Leitmotiv de son mode de politique à la tête de la première république allemande. Ebert, dont la carrière au sein du parti a été caractérisée par un réformisme pragmatique, ne s’est pas distingué en tant que penseur de la social-démocratie, mais plutôt comme un homme de responsabilité et de volonté créatrice. Toutefois dans son discours de remerciement le président du Parti social – démocrate allemand (SPD), l’a aussi montré clairement qu’il se sentait engagé aux intérêts du mouvement travailliste :

« Mais j’ avoue aussi que je suis un fils de la classe ouvrière, élevé dans le milieu des idées socialistes et que je ne veux jamais trahir ni mes origines ni mes convictions. »

Pris entre les intérêts de l’ État et la discipline du parti pendant six ans Ebert était à la tête d’une République pour laquelle beaucoup ne ressentait aucune raison d’aimer .

Une vie consacrée à la social-démocratie

Né Heidelberg en 1871 l’année de la fondation de l’Empire, septième d’une fratrie de neuf enfants, fils d’un maître tailleur et de sa femme, Ebert a connu une enfance et une jeunesse typique dans la maison d’un artisan. Après l’école primaire et un apprentissage en tant que tapissier, il est devenu compagnon en 1889, au cours de laquelle il s’est engagé dans un mouvement social – démocrate sous la pression de l’Etat et de la société. Après 14 ans passés à Brême, où il a fait ses preuves en tant qu’ ouvrier du parti, et grâce à son engagement, son éloquence et son talent organisationnel, sans parler de ce qu’il a pu apprendre en autodidacte sur la politique sociale et le droit social, il s’est hissé au poste de fonctionnaire du principal parti régional. En 1905, il est devenu membre du bureau du SPD et, en 1913, un des deux présidents de parti.

Pour ce pragmatiste qui reprochait à l’escalade des débats théoriques au sein du SPD de ne pas être pertinent , l’important était toujours d’accroître le poids politique du parti afin d’arracher des réformes au statut de classe impériale .La politique « trêve de partie » (connue en allemand comme burgfriedenpolitik – littéralement « politique de paix du château ») qu’ Ebert a poursuivi jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale en est un cas d’espèce. Pour lui, ce n’était pas un revirement, mais un jalon sur le chemin de l’objectif ultime, à savoir l’intégration du SPD dans le pays et la réforme de l’État dans une démocratie. Cependant, cette politique de cessez-le-feu a conduit à la sécession de l’USPD en 1917 qu’Ebert avait essayé d’empêcher jusqu’à la dernière minute car l’unité de son parti était de la plus haute importance.

En octobre 1918, alors que l’Empire était à l’agonie, Ebert força le SPD, face à une opposition interne, à rejoindre le premier gouvernement fondé sur des bases parlementaires. Il était son « devoir de damné » de « foncer dans la brèche ». Cela reflétait une identification avec le sort de l’Empire, qui s’était encore renforcé au cours de la guerre, combiné à une éthique de responsabilité allant au-delà du parti. Ces deux éléments devaient façonner les actions d’Ebert en politique nationale après le 9 novembre 1918.

Pionnier de la République

Friedrich Ebert a pris plus d’envergure au cours de la Première Guerre mondiale pour devenir un homme politique qui a même été respecté par tous les partis et une figure clé de l’Empire, qui avait été affaibli par une guerre totale et la révolution. Abasourdi par l’effondrement brusque de l’armée, il a assumé la responsabilité dans une situation apparemment désespérée lorsque le 9 novembre 1918 , le dernier chancelier du Reich de l’Empire, le Prince Max von Baden lui a passé le poste de chancelier. L’objectif était clair « la démocratie est une nécessité de la vie pour les gens riches tout comme pour les gens ordinaires. ». Cela a également guidé Ebert en tant que membre principal du gouvernement révolutionnaire de six personnes formé par le SPD et le l’USPD le lendemain. Il se trouvait lui – même dans l’ une des situations les plus complexes de l’ histoire moderne de l’Allemagne, et a dû effacer l’héritage de l’Empire et les conséquences de la guerre perdue, tout en assurant une transition en douceur vers un état de droit démocratique. C’est grâce aux efforts et aux capacités d’Ebert et du gouvernement révolutionnaire que les chaos ont été évités malgré les circonstances difficiles. Dès février 1919, un parlement du Reich put commencer à travailler. Par crainte des bouleversements révolutionnaires, des compromis fondamentaux ont été effectués que les contemporains et les historiens ultérieurs ont considérés comme trop ambitieux.

Cependant, quiconque croyait que la République ne pourrait survivre que si le gouffre social entre le parti « loyal envers l’empire », d’un côté, et le « citoyen sans patrie » social-démocrate , de l’autre, était comblé et qu’en plus toute personne qui a la volonté des électeurs comme baromètre d’une action politique n’ avait d’autre choix que d’orienter plus ou moins la course réputée nécessaire par Ebert dans les trois mois révolutionnaires en 1918/1919. Ils ont continué à être ses repères lorsqu’il est devenu président du Reich.

A la tête de la République

Contrairement aux intentions des pères de la constitution qui cherchaient à établir un président fort comme contrepoids au Parlement et au cabinet, Ebert ne se voyait pas l’opposé exact, mais toujours dans le cadre du gouvernement du Reich. Pour lui, l’unité du gouvernement était inscrite dans la pierre. Visant un consensus en tout temps, il a vu son rôle comme gardien de la constitution. À cette fin, il a utilisé pleinement les droits constitutionnels de président et a fait du plus haut bureau de l’Etat une institution forte du système politique de la République. En plus de cela, il avait un sens profond du devoir qui l’alourdissait d’autant plus que d’autres, parfois de façon très cavalière, se déchargeaient du fardeau de la charge. Lorsqu’il a déclaré devant des collègues du parti, en 1922, que les sociaux- démocrates avaient appris à « défendre leur position » là où on les avait intimés, c’était également ce qu’il exigeait des autres.

Toutes les actions ont donc contribué à préserver la visibilité de la République. C’est pourquoi, il a essayé de faire comprendre aux gens que le compromis entre les groupes d’intérêt était un élément indispensable dans une démocratie parlementaire. Ila considérait qu’on pouvait surmonter les obstacles idéologique et politique entre partis et demandait toujours à ce que les objectifs tactiques des partis soient subordonnés au bien de l’État – formulé abstraitement. Ebert a toujours insisté pour une large majorité du gouvernement. Cependant, cela a été contrecarré par la segmentation en une pléthore de partis incapables de voir au-delà de leurs propres milieux. Les mesures d’ Ebert rencontraient parfois des oppositions au sein de la SPD également. Même le cordon de protection que les dirigeants du SPD ont érigé lors de la conférence du parti en 1924 – ils ne permettaient même pas à des motions visant l’exclusion du SPD de l’ancien président Ebert, n’ont pas pu l’occulter / cacher. Ce n’est que lorsque les ennemis de la démocratie, dans leur haine aveugle de la République, ont tenté de faire taire la personnalité du président, en tant que président du nouvel ordre, par une perfide campagne de diffamation, qu’Ebert et son parti ont enterré la hache de guerre.

La démocratie comme mission de vie

Friedrich Ebert est décédé le 28 février 1925. Cela a mis fin au voyage d’un homme politique qui avait fait de la démocratie et de la justice sociale les objectifs de sa vie. De plus, grâce à sa politique qui, certes, n’était pas sans erreurs ni erreurs de jugement, la République de Weimar s’est retrouvée au moment de sa mort dans une période de stabilité relative après des années de crise. Le président du Reich avait largement fait ce qui en son pouvoir de faire raisonnablement dans une république divisée sans repos, sans cesse en proie à des problèmes externes et des inégalités sociales, compte tenu de son engagement fidèle à l’idéal démocratique. Il s’efforçait sans relâche de parvenir à un consensus et à un équilibre, et avec son appel au compromis, Ebert était en avance sur son temps, mais il a été épuisé par les partis – y compris son propre parti – de sorte que pendant la période Wilhemine il a été tenu à l’écart du pouvoir politique. La persévérance et le sens de la responsabilité ont caractérisé le premier président du Reich et ont fait de lui le prototype d’un homme politique moderne. Contrairement à la plupart des hommes politiques de la première République, il a réussi à passer d’un homme politique partisan à un homme d’ État. Contrairement à un chef de parti guidé en toutes choses par la plateforme du parti, un homme d’ État – selon Gustav Radbruch dès 1923 – doit avoir la possibilité de larguer un principe si l’idée de cet état l’ exige ». Ebert a très bien agi conformément à cette description donnée par le grand expert en droit constitutionnel social-démocrate .

La contribution d’ Ebert en tant que Vordenker n’est donc pas une question de réalisations théoriques, mais plutôt son œuvre pratique hautement responsable, comme premier social – démocrate à diriger l’Allemagne. Avec le premier président du Reich, la République de Weimar a perdu son champion et l’un de ses piliers. Bien que ses réalisations aient été et continuent d’être critiquées par beaucoup, Friedrich Ebert, en tant que fondateur et garant de la première République, non seulement tient sa place au premier rang de l’histoire politique de la République Fédérale d’Allemagne, mais figure également en tant que premier homme d’État du mouvement travailliste dans la galerie de portraits ancestraux des grands sociaux-démocrates allemands.

Mühlhausen, Walter (2015): Friedrich Ebert. First Statement of the Labour Movement; in: Christian Krell (Hg.): Vordenkerinnen und Vordenker der Sozialen Demokratie. 49 Porträts, Dietz Verlag, Bonn.
Traduction de l’anglais: Christiane Randriamampionona