En mouvement pour remédier à la « faim »

En mouvement pour remédier à la « faim »

Cette matinée du 4 novembre 2022, le Centre Arrupe Faravohitra a vu un afflux de visiteurs très particuliers, une centaine de délégués et travailleurs issus de 8 centrales syndicales, à l’allure combative dans leurs uniformes respectifs : du rouge, du vert, du bleu,… Un mouvement local qui fait tache d’huile car grâce aux atouts offerts par la technologie, une autre centaine de délégués et travailleurs ont participé à l’évènement en live sur les réseaux sociaux, à partir d’Antsiranana, Toamasina, Mahajanga et Antsirabe.

A l’ordre du jour : Comment remédier à la faim « croissante et durable » des travailleurs et de leurs familles ? Différentes personnalités syndicales et non syndicales, nationales et étrangères sont intervenues sur la question.

Mme Hamintsoa Ramiaramanana, Présidente du Tribunal du Travail a, en effet, déploré que 20% des cas en pénal concernent des larcins divers perpétrés par des employés probablement « mal nourris » bien que travaillant chez un restaurateur, comme celui d’avoir pris 1kg de sucre ou d’avoir mangé les restes de steak laissés par le client. M. Seth Andriamarohasina, Président de la Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme (CNIDH), de renchérir qu’un salaire qui permet de manger à sa faim constitue bel et bien un droit humain fondamental, un droit économique et social.

Le comité d’entreprise pour une démarche constructive

Avec cette conférence, les organisateurs, IndustriAll glogal union et la Friedrich-Ebert-Stiftung, ont lancé aux Comités d’entreprise le défi d’assurer cette sécurité alimentaire des ouvriers et de leurs familles, en invitant au panel un syndicaliste expérimenté en la matière M. Miara Abela de FISEMA Antsirabe, un leader du patronat Mme Sariaka Falianja, Vice-président du GEFP, et un économiste activiste, M. Victorus Ralalason, coordonateur national du CREM, avec Lova Rabary, journaliste, à la modération.

En résumé, il est sorti des échanges que, oui, le Comité d’entreprise est bien dans l’intérêt autant du travailleur que de l’employeur, et qu’il y a une culture de dialogue et de négociation à développer, afin de contribuer véritablement à une meilleure productivité et compétitivité de l’entreprise et à une meilleure qualité de vie du travailleur.

Dans la pratique, les négociations au sein des comités d’entreprise portent généralement sur divers avantages pour les employés ; les négociations portant directement sur les salaires doivent, elles, être abordées avec discernement du fait de l’inflation que l’augmentation salariale généralisée provoque. Toutefois, l’auditoire est quasi unanime quant à l’insuffisance du salaire minimum tel que défini actuellement pour vivre, et même pour survivre. Une approche systémique est indiquée, à commencer par la politique de l’emploi. Le rôle de l’Etat est considérable en matière de création d’emplois et d’inspection du travail.

Des principes à respecter – Des capacités à développer – Des engagements à confirmer

M. Rasolofoniainarison Lauréat rappelle dans son discours que « négocier » se traduit dans la langue malagasy par « mifampiraharaha » – ce qui sous-entend une considération réciproque des besoins de l’autre. Son message, en tant que représentant de l’Organisation Internationale du Travail est clair : il est temps de remédier à la fracture sociale croissante, aucun travail décent ne serait réalisable sans justice sociale. M. Noelison Rabearivelo, Président du Fonds Malgache pour la Formation Professionnelle (FMFP) indique la possibilité de renforcer les capacités des partenaires sociaux à développer des négociations constructives.

Cependant, M. Elijah Chiwota, du bureau régional de IndustriAll Afrique subsaharienne, tire la sonnette d’alarme par rapport à l’incarcération d’un délégué du personnel, une manifestation flagrante de non-respect des droits et libertés basiques selon les conventions internationales N°87 et 98 en matière de liberté syndicale et de droit à la négociation collective, et pour laquelle IndustriAll interpelle les autorités de Madagascar. Mme Lova Fetra Harinoro, Présidente de la commission femmes de IndustriAll Madagascar martèle « Ataovy sérieux! », attelons-nous y sérieusement !

Les pauses animées par Joey Aresoa ont été l’occasion de repenser les responsabilités individuelles et collectives.

Retrouvez également ici les deux émissions Telegrama avec Monsieur Victorus Ralalason, économiste, Coordonateur National du Cercle de Réflexions des Economistes de Madagascar (CREM) et Monsieur Andriamiaramanana Rivohary, Syndicaliste, Secrétaire Général du Firaisa’ny Sendikan’ny Mpiasa eto Madagasikara (FISEMA) Région Vakinankaratra

La Publication dans la presse écrite Ngah

La Bande dessinée AMPY SAKAFO !? ATAOVY SERIEUX AM’ ZAY !

Enquête sur l’Industrie Textile – Habillement – Cuir : Résumé exécutif et Rapport complet

Enquête sur l’Industrie Textile – Habillement – Cuir : Résumé exécutif et Rapport complet

« Les difficultés économiques chroniques que Madagascar connaît depuis des dizaines d’années sont caractérisées entre autres par la situation catastrophique de l’emploi et la précarité des conditions des travailleurs … Dans un tel contexte, il est difficile de détourner le regard du secteur textile, habillement, chaussures et cuir, qui comptant 265 entreprises franches opérationnelles en 2020, avec leurs 200 000 emplois créés, et considéré comme un des principaux pourvoyeurs d’emploi pour des travailleurs à faible employabilité. Notamment en raison du déséquilibre du marché du travail, il importe de prêter attention à certains aspects cruciaux de la vie des travailleurs, tels que les conditions générales de travail, y compris la sécurité et la santé au travail, la sécurité sociale, le respect des droits humains fondamentaux au travail. Le rôle des syndicats est alors central, étant donné que les travailleurs souvent en perte de repères ont besoin d’un accompagnement renforcé, tandis que, pour l’employeur, avoir un interlocuteur à la hauteur s’avère incontournable dans un contexte où un dialogue social de bonne qualité s’impose de plus en plus comme une nécessité vitale (…) »

Il y a moins de 10 usines qui produisent pour les marques mondiales liées aux GFA et à l’ACT et une trentaine d’usines qui pourraient être sensibles au maintien de l’image des marques en tant que producteurs pour l’Europe et les États-Unis. Ces usines sont les principaux employeurs du secteur TGSL (Textile Habillement, Chaussures et Cuir) Madagascar avec 2 à 5 usines appartenant au même propriétaire …

C’est dans ce contexte que La Friedrich-Ebert-Stiftung appuie IndustriAll dans sa démarche de concrétisation du travail syndical dans des entreprises ciblées à Antananarivo et Antsirabe. Une étude dont l’objectif principal est de consolider le dialogue social dans les usines produisant pour les marques mondiales citées précédemment et qui permettent aux syndicats de définir les stratégies pour renforcer leur présence et leur capacité, a été ainsi menée.

L’enquête, réalisée principalement par Noro Lalao Rahoeliarijaona (Collecte de données) et Heriniaina Ramanitrarivo (Rédaction du rapport), est divisée en trois grandes parties :

  • Un compte rendu de l’approche méthodologique
  • La restitution des résultats des investigations réalisées
  • Quelques recommandations tirées des principaux problèmes que ces investigations ont mis au jour

Ces rapports sont disponibles en lecture et en téléchargement, en version française et anglaise, ci-dessous:

1/ Résumé exécutif VFr

2/ Résumé exécutif VEng

3/ Rapport complet VFr

4/ Rapport complet VEng

Pôle stage: Développer les meilleures conditions pour l’intégration dans le monde du travail

Pôle stage: Développer les meilleures conditions pour l’intégration dans le monde du travail

Durant la première quinzaine de septembre 2021, 75 jeunes étudiants et étudiantes issus de l’Ecole supérieure polytechnique d’Antananarivo (ESPA), de l’Institut Supérieur de technologie (IST), et de l’Institut national de promotion-formation (INPF) ont bénéficié de formations préalables à leur placement en stage au sein des entreprises récipiendaires. Une démarche innovante que la Friedrich-Ebert-Stiftung (FES) appuie pour que la relève travailleuse puisse intégrer le monde professionnel dans les meilleures conditions.

Soutenir les jeunes diplômés dans leur insertion professionnelle

Faciliter la mise en relation des jeunes diplômés en quête de stage et des entreprises demandeurs de stagiaires, telle est la raison d’être du Pôle Stage Madagascar, lancé le 05 Août 2021 à l’initiative du Syndicat des Industries de Madagascar (SIM) en partenariat avec le Ministère de l’Industrialisation, du Commerce et de la Consommation (MICC) et le Ministère du travail, de l’emploi, de la fonction publique et des lois sociales (MTEFPLS).  Selon la Ministre Gisèle RANAMPY, « la mise en place est un atout considérable pour les jeunes diplômés à la recherche d’opportunité professionnelle en adéquation avec leur formation ».

Relever des défis climatiques à l’ordinaire

Mme Lovakanto Ravelomanana, experte en politique et actions de lutte contre le changement climatique a, quant à elle, présenté les défis des entreprises en matière d’atténuation et d’adaptation face au changement climatique. Une occasion pour la génération émergeante de prendre conscience des enjeux et de la portée du changement climatique dans leur vie quotidienne.

Faire valoir son dynamisme à son poste

Etant jeunes, nouveaux venus dans une entreprise, l’appréhension des nouveaux stagiaires, de leurs premiers jours de travail est compréhensible. M. Mita Randrianarivony, formateur en communication et développement personnel a partagé des outils de communication interpersonnelle et de feedback qui permettront aux participants de s’affirmer et d’interagir de manière adéquate en milieu professionnel.

Connaître ses droits et obligations avant d’accéder à l’emploi

La plupart des travailleurs, si ce n’est la majorité, ne peuvent se prévaloir de connaitre leurs droits en tant que travailleur. La formation en droit du travail dispensée par Mme Nelly Rakotobe, Magistrat permettra à ces primo-demandeurs d’emploi d’être en connaissance de cause dès la signature du contrat, de défendre ses droits et de connaitre les institutions législatrices et régulatrices du monde du travail. Les questions concernant les droits de grève et le licenciement abusif ont été celles qui ont les plus attiré l’attention des participants.

En contribuant au Pôle Stage, la FES confirme sa conviction de l’importance d’une croissance verte et inclusive. M.  Constantin Grund, Représentant-Résident de la FES entémoigne : « Créer des emplois pour les jeunes est un défi majeur, générer des emplois décents en est un autre, les responsabilités sont partagées entre tous les acteurs concernés ».

Vision syndicale 2019-2024

Vision syndicale 2019-2024

Face à la misère sociale croissante et la mauvaise gouvernance à Madagascar, le Randrambao Sendikaly regroupant la Conférence des Travailleurs de Madagascar et la Solidarité Syndicale de Madagascar présente ses aspirations pour un monde du travail décent et porteur de développement.

La publication présente les visions formulées par les syndicats pour le système économique et social, le système politique et de gouvernance ainsi que pour l’organisation des syndicats eux-mêmes en vue de l’année 2024.
 
Veuillez trouver la publication ci-jointe:
Vina sendikaly 2019-2014_vision syndicale 2019-2024

Les structures syndicales à Madagascar

Quelles sont les forces et faiblesses du mouvement syndical à Madagascar ? Quelles mesures à prendre en faveur de syndicats plus forts et influents au sein du dialogue social à Madagascar?

La présente étude donne une photographie de la situation des organisations syndicales, notamment en matière d’administration et de gestion, permettant ainsi d’élaborer des scénarios d’évolutions proposés aux syndicats pour un renforcement de leur impact et une représentation plus influente des salariés.

Veuillez trouver la publication ci-jointe
Rapport d’étude sur les structures syndicales à Madagascar

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